L’accélération du déploiement éolien en France ne se contente pas de détruire nos paysages et notre cadre de vie. Elle menace désormais la stabilité technique et financière de notre système électrique national. C’est l’alerte grave lancée par l’expert en politique énergétique Fabien Bouglé, révélant la censure d’un document explosif d’EDF concernant la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE 3).
La « modulation » : sacrifier notre fleuron national au profit de l’intermittence
Le cœur du problème réside dans un mécanisme technique appelé la « modulation ». En raison de la multiplication des sources d’énergie intermittentes (éolien et solaire) injectées sur le réseau, EDF est contraint d’adapter en permanence sa production de base.
Concrètement, la modulation implique :
- ralentissement forcé de la production de nos centrales nucléaires françaises.
- priorité d’injection sur le réseau accordée à l’électricité éolienne, issue de matériels majoritairement importés.
- pertes financières colossales pour l’opérateur historique, contraint de ne pas vendre une électricité qu’il a la capacité de produire.
Comme le souligne l’expert, à partir de 2024, cette modulation a pris une ampleur inédite (atteignant 15 térawattheures, soit environ la moitié de la modulation totale), non plus pour des raisons d’entretien, mais uniquement pour faire de la place aux énergies intermittentes sur le réseau électrique.
Le « chapitre 5 » disparu : un coût financier que l’on veut nous cacher
Le fait le plus grave révélé lors de cette émission concerne la publication récente par EDF d’un rapport sur ces fameuses modulations.
Le document initial, daté du 26 novembre 2025, contenait un « chapitre 5 » spécifiquement dédié aux impacts économiques de ces manœuvres. Or, dans la version finale publiée quelques jours avant la promulgation de la PPE 3, ce chapitre a purement et simplement disparu. Selon les informations dévoilées, cette suppression résulterait de pressions gouvernementales visant à masquer le véritable coût du déploiement des énergies renouvelables avant l’adoption de la loi.
Pourtant, la facture de cette désorganisation est vertigineuse. Les syndicats de l’énergie (CFE Énergies) estiment les conséquences de cette marche forcée vers l’éolien à :
- surcoût d’entretien technique estimé à un demi-milliard d’euros.
- manque à gagner s’élevant à plusieurs milliards d’euros lié à la non-production d’électricité nucléaire.
Un système électrique en danger physique
Au-delà de l’aberration économique qui finira inévitablement par se répercuter sur la facture des consommateurs, c’est la sécurité même du réseau qui est en jeu. Les réacteurs nucléaires ne sont pas conçus pour subir des variations de régime permanentes (des « démarrages » et « freinages » incessants). Cette pratique fragilise les infrastructures.
Pourquoi cela conforte le combat de Vent des Noues
Ces révélations techniques et financières au niveau national résonnent directement avec notre combat local. Chaque nouveau projet éolien, comme ceux qui menacent St Maurice des Noues et Loge-Fougereuse, contribue à aggraver cette instabilité du réseau et ce gouffre financier.
On nous vend l’éolien comme une solution écologique, mais la réalité technique démontre qu’il s’agit d’un système parasite qui désorganise une production électrique française qui était pourtant pilotable, décarbonée et rentable.
Plus que jamais, notre association VDN reste mobilisée. S’unir pour agir, c’est aussi refuser d’être les victimes locales d’une politique énergétique nationale techniquement dangereuse et financièrement ruineuse.