ÉNERGIE : Témoignages de quatre élus de l’Yonne qui s’opposent aux éoliennes – Info Dijon 21/04/2021

L’Association Paysages et Forêts de l’Armançon fait part de la «désillusion» de quatre maires icaunais qui vont vu des parcs éoliens installés sur leur territoire.

Éoliennes : refus, négociations, désillusions – Quatre élus du sud de l’Yonne témoignent

Le sud du département de l’Yonne est devenu un terrain de chasse de prédilection pour la construction de parcs éoliens. Sur les terres de Buffon et de Vauban, de gigantesques éoliennes saturent les paysages. Entre déclassement du patrimoine visuel, impact écologique, conséquences économiques sur leur territoire, quatre élus témoignent.

Un effet de saturation et de déclassement du patrimoine visuel

Dans un carré de 60 kms par 60 kms près de 250 éoliennes sont construites ou en projet (cf. carte) L’effet de saturation visuelle, mais aussi le gigantisme des projets suscitent l’inquiétude des habitants. Certaines éoliennes pourraient culminer à 241m de hauteur, plus haut que la tour Montparnasse ! Et cela, tout près de l’Abbaye de Fontenay, du site d’Alésia, du Château d’Ancy le Franc, des Forges de Buffon, de Vézelay. « Le paysage n’est pas la préoccupation première des services de l’Etat, la vue des éoliennes depuis les monuments historiques ne semble pas les déranger » se désole Bruno Charmet, maire d’Annoux (89012). « C’est une non-prise en compte de la richesse patrimoniale », explique Gilles Sackepey, maire de la commune d’Etivey (89310). « Les offices du tourisme dépensent beaucoup d’argent pour faire venir les touristes et, a contrario, on détruit le paysage. À Etivey, si les projets aboutissent, on aura une saturation visuelle à 360° ! » (Alors qu’elle ne devrait normalement pas dépasser les 160°)

De négociations en désillusions environnementales

Pour les maires qui ont déjà franchi le cap, le constat est amer. Philippe Lardin, maire de Pasilly (89290) est agriculteur en conversion bio, il raconte : « Quand la commune a accepté d’installer des éoliennes sur son territoire, elle souhaitait participer à la transition écologique. » Or au pied des éoliennes, on trouve des milans noirs, des faucons crécerelles, des alouettes, des martinets, des roitelets et des chauves-souris. « Nous avons un des parcs qui tue le plus en proportion du nombre d’éoliennes installées. 14 % des milans noirs tués par des éoliennes chaque année en France le sont dans ce parc ! Je ne pensais pas que ce serait aussi important. » Et de rappeler l’importance des oiseaux et des chauves-souris dans l’équilibre du biotope. Si c’était à refaire ? C’est un non catégorique ! « C’est trop dommageable. »

Dans le futur projet des Hauts de l’Armançon, sur 18 éoliennes prévues, 17 le sont en forêt, culminant à 241 mètres, compensée par des engagements imprécis des porteurs de projet. Gilles Sackepey s’étonne du paradoxe de ces forêts que l’on abime alors qu’elles ont été pour beaucoup subventionnées par l’Union européenne et par l’Etat. Ou celui des parcs éoliens parfois arrêtés pendant plusieurs mois pour protéger la présence des cigognes noires, qui sont des oiseaux extrêmement sensibles aux projets éoliens, et qui pose la question de la rentabilité des éoliennes. « Sans compter le problème de notre ressource en eau » poursuit le maire d’Etivey. Car les éoliennes plongent à 30 m sous terre, parfois jusqu’aux nappes phréatiques, impactant l’approvisionnement et la qualité de la source qui alimente les communes.

Du côté de Perrigny-Sur-Armançon (89296), l’ancien maire Éric Coquille explique qu’ils sont allés de négociations en désillusion d’un point de vue environnemental avec le porteur du projet. « On nous avait vendu un projet écologiquement emblématique. Pendant les années d’études, notre idée était qu’il devait faire partie prenante d’un projet territorial de transition écologique, climatique, énergétique. » Mais, très vite, le nouveau directeur général de l’entreprise ramène les considérations environnementales aux seules mesures compensatoires. « Son projet était strictement éolien et pas un projet de territoire. »

Conséquence économique : une baisse d’attractivité du territoire

Les retombées économiques pour les communes ne sont pas négligeables, dans un sens comme dans l’autre. Bruno Charmet a refusé l’installation du parc éolien sur sa commune, aujourd’hui encerclée par les éoliennes. « Plus on sature le paysage d’éoliennes, plus on fait baisser l’attractivité de la commune, plus on perd des habitants. En 5½ ans, on a perdu plus de 15% des habitants sur la communauté de communes dont je dépends, or chaque habitant représente une dépense sur le territoire estimée entre 12 000 et 15 000 € par adulte. L’impact sur le local se chiffre en millions. Et par répercussion, le budget des communes baisse puisque les dotations sont établies au prorata du nombre d’habitants. » Gilles Sackepey ironise : « Avant, quand une personne souhaitait s’installer sur la commune, elle nous demandait s’il y avait internet ou l’assainissement, aujourd’hui, on nous demande s’il va y avoir des éoliennes. Avoir de l’argent immédiat en commune pour refaire les routes, ça n’aura plus aucun sens quand il n’y aura plus personne dans nos communes ! »

Une lueur d’espoir, la mobilisation s’organise : des citoyens font entendre leur voix, des associations se créent, des maires manifestent leur opposition. « C’est la commune qui a la maîtrise foncière de ses terrains. » insiste le maire d’Annoux. L’Etat est attentif aux mobilisations des habitants et des associations qui permettent de stopper certains projets, avec l’appui d’enquêtes environnementales, car l’expertise montre souvent que le projet n’est pas réalisable.

Accueil – APFA – Association Paysages et Forêts de l’Armançon (apfa89.org)

Côtes-d’Armor : les pêcheurs s’opposent à la construction d’un parc éolien en mer – 19/20 France 3 – 20 avril 2021

La résistance aux éoliennes s’organise dans les Côtes-d’Armor. Les 800 pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc ne veulent pas entendre parler du projet de 62 éoliennes en mer. Les opposants au chantier, lequel doit commencer en mai, promettent déjà un mouvement des “bonnets bleus”, à l’image des “bonnets rouges” pour l’écotaxe.

Début mai, d’immenses travaux devraient commencer dans une zone de pêche au large de Saint-Brieuc (Côte d’Armor) pour construire un parc éolien en pleine mer. 62 éoliennes de plus de 200 mètres de haut, l’équivalent de la tour Montparnasse (Paris), devraient être installées. Ces éoliennes devraient alimenter plus de 800 000 habitants en électricité d’ici deux ans. Mais leur emplacement pose problème. Julien Tremorel, patron de pêche à Erquy, et son équipe pêchent en effet dans le secteur où les éoliennes seront construites. “Si le matériel vient s’emmêler, se crocher, ça va créer des tensions sur le bateau, et le bateau peut très facilement chavirer, ou tout simplement le matériel écourter, et tout ça, revenir dans le visage de mes matelots, qui pourront être balafrés à vie“, déplore le pêcheur. 

Les pêcheurs craignent des conséquences sur le milieu naturel

Nuisances sonores, eau troublée par les travaux… Les pêcheurs craignent également les conséquences sur le milieu naturel. Le directeur du projet, de son côté, dit avoir tenu compte de leurs inquiétudes. “Depuis le début du projet, il y a eu de très nombreuses études réalisées par des scientifiques de renom (…), et les conclusions sont que les impacts seront limités sur la faune, la flore, le milieu en général“, défend Emmanuel Rollin, directeur d’Iberdrola Renovables France. Insuffisant, pour le comité des pêches, qui affirme que la région tout entière pourrait être fragilisée. Les pêcheurs n’hésiteront donc pas à bloquer le début des travaux avec leurs bateaux. 

Ce projet fait partie des neuf projets d’éoliennes en mer en France. “Ils sont répartis sur la façade atlantique, la mer du Nord et la Manche. Pour l’instant, aucun n’a abouti. Nous sommes d’ailleurs en retard par rapport à nos voisins européens (…). L’une des explications, ce sont ces contentieux, ces batailles juridiques“, explique le journaliste Hugo Puffeney sur le plateau du 19/20, mardi 20 avril. 

Ciné-Débat vous accueille pour la projection du Vent du Mensonge et son débat sur les énergies renouvelables

Ciné-Débat est un nouveau média qui propose au public des rencontres et des débats en live autour de films fictions et documentaires.

Comment y accéder: c’est simple, après après avoir acheté votre billet, vous recevez une confirmation de votre inscription.

Le film de ce soir vous permettra de découvrir les réalités de l’éolien et par son débat en live de poser vos questions. Les thèmes abordés seront:

1° Éoliennes et écologie, du bon et du moins bon ?
2° Trop proches des côtes, les centaines d’éoliennes prévues mettront à mal notre littoral et la pêche côtière durable. Pourtant, les petits pêcheurs nous fournissent une alimentation saine et locale. La mer nourricière sera-t-elle sacrifiée sur l’autel de nos besoins énergétiques toujours plus importants ?

Pour ce premier débat, les invités sont :
Isabelle Delannoy – Ingénieur agronome – Coscénariste du film HOME
François-Xavier Bellamy – Parlementaire européen – Commissions pêche
Thierry Ruellet – Biologiste marin
Olivier Becquet – Directeur de la Coopérative de pêche du Tréport, la CAPA
Pascal Yernaux – Auteur – Réalisateur

Ciné-Débat – Le Vent du Mensonge Inscription, Le ven 2 avr. 2021 à 20:00 | Eventbrite

Xenius – Energie éolienne, la controverse – Arte – Reportage vidéo

Considérées par certains comme la source d’énergie du futur, les éoliennes sont honnies par d’autres en raison de leur nuisance sonore et esthétique, ainsi que des risques qu’elles induisent, par exemple pour la faune. Une équipe de cardiologues de Mayence explique l’impact sanitaire des infrasons.
Elle a scientifiquement démontré l’impact sur la santé des riverains par une fragilisation de ces tissus cardiaques.