C’est une brèche majeure dans le discours officiel qui minimise systématiquement l’impact des parcs éoliens sur la santé des riverains. Le 13 novembre dernier, le tribunal judiciaire de Strasbourg a rendu une décision qui fera date, reconnaissant explicitement la responsabilité de l’exploitation d’un parc éolien dans la dégradation de l’état de santé d’une habitante.
Depuis la création de Vent des Noues, nous alertons inlassablement sur les risques que font peser les projets de St Maurice des Noues et de Loge-Fougereuse sur la tranquillité et la santé des habitants. Cette nouvelle jurisprudence vient valider nos inquiétudes et renforcer notre détermination.
« Cause directe et certaine » : les mots forts de la justice
L’affaire concerne un couple résidant dans la Somme, vivant à proximité immédiate de douze mâts éoliens. Après des années de procédure, les juges ont tranché avec une clarté inhabituelle :
« Le tribunal retient que le fonctionnement des éoliennes implantées à proximité de l’habitation de Mme X est la cause directe et certaine du stress et de l’anxiété ressentis par l’intéressée. »
Cette reconnaissance d’un lien juridique, saluée par l’avocat des plaignants Me Philippe Bodereau, permet enfin de dépasser le stade du « ressenti » pour entrer dans celui de la réalité médicale et juridique. Le couple a d’ailleurs obtenu une indemnisation totale de 13 300 euros.
Les infrasons au cœur du problème
Ce jugement est crucial pour notre combat technique car il s’appuie sur des faits médicaux documentés. Un neurologue a pu constater la disparition des symptômes (céphalées, vertiges, troubles du sommeil, anxiété) dès que la plaignante s’éloignait du site ou que les machines étaient à l’arrêt.
Plus inquiétant encore, le dossier met en lumière le rôle pernicieux des infrasons. Ces vibrations inférieures à 20 hertz, inaudibles pour l’oreille humaine mais ressenties par le corps, sont pointées du doigt. Malgré les tentatives d’isolation acoustique de l’habitation par l’exploitant, les troubles ont persisté, prouvant que la nuisance dépasse le simple cadre du bruit audible.
Le tribunal s’est appuyé sur des études internationales, notamment celle du docteur Nissenbaum (Maine, USA), corrélant la distance des éoliennes avec des troubles du sommeil et des états dépressifs.
Une jurisprudence qui conforte la position de VDN
Cette décision, qui fait écho à un précédent arrêt de la cour d’appel de Toulouse en 2021, intervient dans un contexte où les autorités sanitaires (ANSES, Académie de médecine) restent encore prudentes par manque de données.
Pour nous, habitants du Pays de la Châtaigneraie, ce jugement est un avertissement clair :
- La santé des riverains n’est pas une variable d’ajustement.
- Le principe de précaution doit s’appliquer.
- L’impact des éoliennes ne se limite pas à une gêne visuelle, il est physiologique.
À Vent des Noues, nous continuerons de nous opposer fermement au déploiement non contrôlé de ces machines industrielles près de nos foyers. Cette victoire juridique prouve que notre combat pour défendre notre cadre de vie et notre sécurité est non seulement légitime, mais nécessaire.









