La Fédération Environnement Durable demande au gouvernement de transférer du ministère de la Transition écologique et solidaire au ministère de la Santé les crédits et subventions versés quotidiennement à la filière industrielle éolienne.
Cette décision pourrait être prise par 2 décrets : — arrêtant les subventions existantes de la filière éolienne. — déclarant un moratoire pour suspendre l’implantation des nouvelles machines.
Article publié par le magasin Maisons Paysannes de France N°212 Juin 2019
PAR FÉDÉRATION ENVIRONNEMENT DURABLE association reconnue d’intérêt général
Or, le développement inconsidéré – j’allais dire irresponsable, des éoliennes ne résiste pas à l’analyse de quelques vérités et de quelques chiffres simples …Il s’agit de dénoncer un gaspillage inacceptable des fonds publics, un discours officiel souvent trompeur, il s’agit aussi de préserver les paysages de France, nos campagnes et bientôt notre littoral menacé lui aussi : vous saurez le faire avec cœur, avec toute la passion pour la beauté de votre pays ».
C’est en ces mots que le Président de la République Valéry Giscard
d’Estaing a préfacé le premier livre que j’ai publié en 2009 « L’imposture.
Pourquoi l’éolien est un danger pour la France ». (1)
Aujourd’hui, les Français se rendent compte de la prolifération des éoliennes, qu’elles deviennent de plus en plus hautes, ne respectent ni les forêts, ni les parcs naturels, ni prochainement le littoral, ni les paysages, ni même les lieux de mémoire. Des arbres centenaires sont arrachés, des haies sont détruites, des chemins creux, l’âme de nos campagnes, sont rasés au bulldozer pour être remplacés par des routes destinées à construire et entretenir ces usines électriques plantées dans les champs.
Parc éolien de Lomont , Valonne(Doubs)
Des hameaux aux maisons rurales remarquables, souvent restaurées avec amour après des années d’efforts, sont défigurés, banalisés, condamnés à mourir, dépouillés de leur écrin naturel. Pour preuve, il suffit de lire les déclarations récentes de Xavier Bertrand, Président de la Région des Hauts-de-France, « Foutez-nous la paix avec les éoliennes, ça coûte les yeux de la tête, ça ne crée pas d’emplois et ça détruit nos paysages »,
Ou encore Dominique Bussereau, Président du Conseil Départemental
de la Charente-Maritime et de l’Assemblée des départements de France, qui
exprime « son ras le bol », blâmant les « promoteurs éoliens qui sont des gens
sans foi ni loi» et demandant lui aussi un
moratoire sur l’éolien pour le « risque sur nos paysages que fait courir la
foultitude de projets éoliens ».
Par quelle mécanique infernale, de braves gens aimant leur pays,
ont-ils pu accepter de « ravager la France avec des
éoliennes » ?
L’ARGENT :
LA SEULE RAISON
Profitant d’un effet d’aubaine issu d’un cadre juridique
incitatif, l’objectif premier des projets éoliens est de faire de l’argent sous
couvert de fabriquer de l’électricité renouvelable. Réaliser des profits est
l’objectif essentiel des vendeurs de vent, un objectif très éloigné de la
visée écologique relayée par les médias.
Trop hautes, trop proches
UN MECANISME
PERVERS
Une usine électrique éolienne raccordée au réseau électrique a un
rendement annuel de moins de 25%. Elle produit donc de l’électricité intermittente
invendable. EDF a l’obligation de racheter cette électricité à un prix
surfacturé, soit 2 à 3 fois le prix du marché, ce qui permet à ceux qui la
produisent d’engranger artificiellement d’importants bénéfices. En résumé, EDF
achète de l’électricité dont elle n’a pas besoin et la revend à perte.
LE
CONSOMMATEUR D’ELECTRICITE PAIE LA DIFFERENCE
Cette perte financière d’EDF était compensée par une taxe, La CSPE
(2) sur la facture
d’électricité des ménages et elle avait dépassé 20%. Comme elle devenait
insupportable, un dispositif fiscal a été mis au point : taxer
« écologiquement » toutes les énergies, dont les carburants. Le
résultat sur le diesel a démontré l’extraordinaire « acceptabilité
écologique » de cette décision par les Français.
Les tarifs de l’électricité montent en flèche, une première
hausse de 6% est en cours. Ils vont doubler, conséquence du programme annoncé
par le Président de la République Emmanuel Macron qui veut tripler le nombre
d’éoliennes sur le territoire, de 8 000 actuellement à plus de 20 000.
Le problème demeure entier : comment ponctionner le plus
discrètement possible les Français avec les taxes « vertes » pour
financer le développement éolien ?
SEULS DES
FONDS FINANCIERS ET DES HOMMES D’AFFAIRES PROFITENT DE L’AUBAINE
« Une toile d’araignée économique internationale
légale » aspire de l’argent sur la facture d’électricité des
consommateurs français et distribue les bénéfices à des sociétés étrangères ou
à des hommes d’affaires utilisant souvent des fonds financiers dont on ne
connait ni l’origine ni les destinations. Ce sont des milliards d’euros
dilapidés chaque année au détriment du pouvoir d’achat des Français et de la
compétitivité des entreprises. Ce programme, qui est le socle de la
« Transition énergétique », entraîne la perte indirecte de centaines
de milliers d’emplois.
« Création d’emplois ? Quasiment tous les composants des éoliennes sont importés, principalement d’Allemagne, du Danemark. La France subventionne des emplois dans ces pays et en détruit en France »
Parc éolien Derval-Lusanger au Vieux-bourg (Loire Atlantique)
DES METHODES
COMMERCIALES « SANS FOI NI LOI »
La maîtrise du foncier est essentielle pour le promoteur. Pratiquant un démarchage insistant, les multiples prospecteurs commerciaux utilisent des éléments de langage bien marketés : « sauvetage de la planète », « gratuité du vent », « création d’emplois *** », « financement participatif », et autres noms enjôleurs donnés aux éoliennes présentées comme des « parcs », alors que les réalités énergétiques, environnementales et financières de ces usines s’avèrent désastreuses. Les nombreux cas de corruption et de prise illégale d’intérêts, font hélas partie des moteurs de cette machine à planter des éoliennes. La technique d’approche des municipalités par les promoteurs éoliens repose sur un discours idéalisé et des promesses de retombées économiques. Avec une méthode bien rodée les négociateurs mettent en avant les atouts de leur projet pour la commune en termes d’image : contribution à la transition énergétique, dynamisme économique, et en termes financiers : loyers des terrains communaux, rentrées fiscales. Confrontées aux restrictions budgétaires actuelles, les municipalités sont inévitablement tentées de répondre favorablement.
EXISTE-T-IL
DES AVANTAGES AU DEVELOPPEMENT DE L’EOLIEN INDUSTRIEL ?
Diminution des
rejets à effets de serre ?
95% de notre électricité sont produits par un parc qui n’émet pas
de gaz à effet de serre. Au contraire, l’intermittence des éoliennes augmente
ces émissions à cause du soutien obligatoire des centrales thermiques à gaz.
Protection de
la santé ?
Qui oserait ignorer les souffrances de ceux qui subissent 24h sur
24, ces machines de 200 mètres de haut plantées à 500 mètres de leur
habitation ? Aujourd’hui 70% des projets éoliens sont rejetés par les
riverains ruraux, contraints de s’adresser à la justice pour se faire
entendre ? (3)
Valorisation
du patrimoine des particuliers ?
Une habitation située à 800 mètres d’une éolienne perd plus de 30%
de sa valeur, elle peut même devenir invendable. (Attestations de notaires à
l’appui).
Amélioration
de l’environnement et protection de la biodiversité ?
La fin de vie des « parcs » pose un problème écologique
fondamental. Les industriels de l’éolien, dont les structures financières sont
volontairement des sociétés sans capital basées sur l’emprunt, vont abandonner
ces machines usées.
Aucun financement, de traitement, de recyclage, n’est prévu à la
hauteur de la quantité de déchets industriels en cours de dissémination.
Leur démantèlement total est illusoire compte tenu de l’impossibilité de retraiter ou détruire les matériaux qui composent les éoliennes. Lorsque la perfusion des deniers publics cessera, la France sera couverte de friches industrielles disséminées, de câbles enterrés, de lignes électriques devenues inutiles. L’addition, dont des matériaux potentiellement dangereux, est vertigineuse : 36 millions de tonnes de béton armé pour fabriquer les socles, à tout jamais enterrés soit l’équivalent de 1,8 millions de camions toupies représentant une file de 18 000 km (presque la moitié du tour de la terre) ; 435 000 tonnes de plastiques spéciaux pour les pales fabriquées à base de polymères, très difficilement traitables. Ces pales de 55 mètres mises bout à bout couvriraient 2 800 km (Paris-Moscou). 8 millions de tonnes d’acier ordinaire, de métaux pour les mâts, les rotors, les câbles électriques, les milliers de transformateurs. 6 000 tonnes de terres rares pour fabriquer les alternateurs, difficilement recyclables et produits en Chine, dans des conditions écologiques toxiques défrayant la chronique.
La FED estime que cette défaillance traduit une carence fautive de
l’Etat à respecter son obligation de protection de l’environnement et des
citoyens. Elle va déposer deux plaintes devant les tribunaux.
EN GUISE DE
CONCLUSION
Rien ne justifie de détruire le patrimoine rural, ni d’empoisonner
la vie de centaines de milliers de personnes pour le profit de quelques-uns.
Une majorité refuse aujourd’hui cette duperie.
Afin d’imposer à marche forcée ce programme, François de Rugy,
Ministre de la Transition écologique et solidaire, a publié des décrets
instituant un régime d’exception juridique. Cette décision démontre que, face à
l’exaspération de victimes de ces machines, le gouvernement tente de les
museler plutôt que de les écouter.
Comment peut-on espérer instituer une « Société de confiance
et de solidarité » en réduisant les droits des associations et des
citoyens sur des projets ayant une incidence sur leur vie quotidienne et leur
environnement ?
(1) Eolien
une catastrophe silencieuse, Vers une France défigurée (Edition l’Artilleur,
mis à jour en 2017)
(2)
CSPE : Contribution au service public d’électricité