Black-out électrique en Espagne : causes et conséquences

L’article de Mediapart explore les causes et les conséquences du récent black-out électrique en Espagne, qui a également affecté le Portugal. Il révèle que cet incident majeur a été causé par une combinaison d’erreurs techniques, de mauvaises décisions et de réponses inadéquates des principaux acteurs du secteur énergétique, notamment le gestionnaire de réseau Red Eléctrica de España et les grands producteurs d’électricité comme Iberdrola, Endesa et Naturgy.

Une rue de Grenade, lors de la panne de courant le 28 avril 2025. © Photo Fermin Rodriguez / NurPhoto via AFP

L’article met en lumière les vulnérabilités structurelles du système électrique européen, exacerbées par l’intégration massive des énergies renouvelables. Ces sources d’énergie posent des défis majeurs en termes de stabilité du réseau en raison de leur nature intermittente et décentralisée. Le rapport gouvernemental espagnol souligne également les lacunes en matière de régulation et de spéculation financière sur le marché de l’électricité, qui ont contribué à aggraver la situation.

En outre, l’article critique sévèrement le marché européen de l’électricité, décrit comme l’un des plus spéculatifs et volatils au monde, mettant en danger la stabilité financière et la sécurité énergétique de millions de personnes. Malgré les avertissements et les critiques, la Commission européenne semble peu encline à réformer ce système, préférant maintenir statu quo

Pour une analyse approfondie de ces enjeux cruciaux et des leçons à tirer de cet incident, nous vous invitons à télécharger et lire l’article en entier.

La production d’énergie renouvelable ⚡️ à l’épreuve de la saturation : L’exemple des éoliennes d’Andilly (17)

Ah, le parc éolien d’Andilly, nouvelle star énergétique qui fait… du surplace ! Inauguré ce samedi avec grand fracas, le voilà déjà en mode pause-café lors des journées ensoleillées. Pourquoi ? Parce que la France croule sous les watts ! Entre les centrales nucléaires qui tournent à plein régime et les panneaux solaires qui brillent de mille feux, les éoliennes sont plus au chômage technique qu’au boulot.

Bertrand Cardinal, président de la coopérative de production d’énergies citoyennes, propriétaires des éoliennes d’Andilly : « Voyez, depuis ce matin 10 heures jusqu’à environ 17 heures, on s’aperçoit que le prix de l’électricité est à zéro euro le prix du mégawattheure. On a pourtant un vent qui est de l’ordre de 20 km/h, nos éoliennes peuvent tourner dès 10 km/h, mais là on est à l’arrêt. Le contrat signé pour nous fait que nous sommes tout de même rémunérés. C’est sans conséquences financières. »

Et qui est-ce qui paie ?

La France produit trop d’électricité ⚡️ et c’est un problème Vidéo BFMTV

C’est un rappel à l’ordre inédit de la part de RTE. Le gestionnaire du réseau constate que certains producteurs et fournisseurs d’électricité ne respectent pas leurs obligations d’équilibrer le système, ce qui provoque une situation de plus en plus tendue. Concrètement, chaque acteur raccordé au réseau est tenu d’adapter au maximum sa production avec ses prévisions de consommation.

Or certains ne jouent pas le jeu, regrettent RTE, ce qui complique les choses. La France produit ces derniers mois bien plus d’électricité qu’elle n’en consomme. Le pays a d’ailleurs battu l’an dernier son record d’exportation, ce qui lui a au passage rapporté 5 milliards d’euros, rappelle RTE. Mais cela n’est pas suffisant pour équilibrer le système en dernier recours. Le gestionnaire est de plus en plus fréquemment contraint d’employer les grands moyens. Il a dû débrancher 13 parcs éoliens et solaires depuis début mars.

Du jamais vu et un phénomène qui a un coût pour les finances publiques car chaque arrêt forcé de ce genre se fait en échange d’une compensation financière importante aux producteurs.

Sites & Monuments : Communiqué – PPE 3 (2025 – 2035) : le paysage sacrifié au nom de la transition énergétique

Sites & Monuments dénonce le projet de Programmation pluriannuelle de l’énergie n°3 (PPE 3), régissant la production d’énergie entre 2025 et 2035, et appelle à sa modification. Ce document, passablement technocratique, dont la consultation publique s’est achevée le 5 avril dernier, ignore les inquiétudes exprimées lors d’une première concertation organisée en décembre 2024. Il prépare, en seulement dix ans, la transformation de nos territoires ruraux en zones semi-industrielles.

La stratégie retenue privilégie une course effrénée aux énergies renouvelables terrestres et maritimes intermittentes, au mépris du patrimoine paysager, environnemental et bâti, comme de la vie dans les territoires ruraux. Alors que la PPE 3 prévoit un développement très modeste du parc nucléaire – pourtant pilotable, décarboné et nécessitant un nombre très limité de sites (18 aujourd’hui) –, elle planifie :

• le doublement de la production éolienne terrestre, impliquant 3 000 à 5 000 mâts supplémentaires sur les 9 000 existant actuellement et un « repowering » massif, avec des machines dépassant aujourd’hui les 240 m de hauteur;
• une multiplication par 37 de la production éolienne en mer (deux parcs sont actuellement en fonctionnement), avec une installation massive d’éoliennes à faible distance de nos côtes patrimoniales ;
• une multiplication par 4,8 de la surface installée de panneaux photovoltaïques, entraînant une artificialisation accrue des terres agricoles et une altération des toitures dans les centres anciens ;
• le développement sans précédent des méthaniseurs, usines d’électrolyse, stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) et du réseau électrique aérien de raccordement, formant une trame industrielle continue à travers les campagnes françaises.

Sous couvert de « transition », la PPE 3 ignore les alertes pourtant claires de la société civile sur le saccage paysager, l’appauvrissement de la biodiversité et la perte d’attractivité des territoires ruraux, en décourageant notamment le tourisme. Le ministère de l’industrie et de l’énergie s’abrite derrière des évaluations environnementales biaisées, concluant à un impact « neutre » sur le patrimoine naturel et bâti pour des dispositifs aussi intrusifs que les éoliennes, les centrales photovoltaïques ou les STEP.

Plus grave encore : la baisse de la consommation énergétique prévue par la PPE 3 – dont le fer de lance est la rénovation thermique – est présentée comme « positive » pour le patrimoine, alors même qu’elle conduit, via les aides publiques, à la destruction silencieuse du bâti ancien (isolation thermique par l’extérieur, disparition des menuiseries anciennes au profit du PVC, « placoplatrisation » des décors intérieurs).

La conclusion officielle de la PPE 3 sur son impact patrimonial et paysager : « Il est difficile de définir une tendance claire ». Nous affirmons, au contraire, qu’elle est limpide : la France prépare l’industrialisation massive de ses campagnes au détriment de leur histoire, de leur beauté et de leur équilibre.

Sites & Monuments appelle les citoyens, les élus, les professionnels du patrimoine et de l’environnement à se mobiliser. Ce projet, s’il venait à être entériné par décret, marquerait une rupture profonde et irréversible dans la relation des Français à leurs paysages, leur ruralité et leur identité.

Julien Lacaze, président Sites & Monuments

https://www.sitesetmonuments.org/Communique-PPE-3-2025-2035-le-paysage-sacrifie-au-nom-de-la-transition-energetique

🙈 Éoliennes dans l’Oise : Quand le profit tente de séduire la résistance citoyenne 💶

Dans les communes rurales de Cressonsacq et La Neuville-Roy, un nouveau projet éolien enflamme les débats. L’opérateur Enertrag ambitionne d’implanter 12 éoliennes géantes de 200 mètres, transformant radicalement le paysage local. Sa stratégie? Une tentative controversée de « séduction financière ».
Avant même le lancement de l’enquête publique prévue au printemps 2025, l’entreprise a distribué un flyer aux 800 foyers concernés, proposant une compensation de 140 euros annuels pendant deux décennies. Un mécanisme d’achat de consentement qui ne passe pas inaperçu.

Éric Mijoule, président de l’association CHAD, dénonce sans détour cette manœuvre. Pour lui, il s’agit d’une stratégie cynique visant à acheter l’adhésion des habitants, méprisant leur réelle opposition.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : lors d’une consultation citoyenne à La Neuville-Roy, 95% des votants ont clairement rejeté le projet éolien, manifestant une résistance collective et déterminée.

Le développement des énergies renouvelables révèle une fracture profonde entre les ambitions industrielles et le cri du terroir. Ce n’est plus un simple désaccord, mais une révolte silencieuse des territoires. Leur message est sans appel : fini l’ère du fait accompli. Chaque décision qui les concerne doit désormais naître de leur voix, de leur accord, de leur dignité. Un séisme démocratique gronde, où le respect n’est plus une option, mais une exigence absolue.