Éoliennes et France d’en bas : la double peine

Où il apparaît que les ménages les plus modestes payent le plus lourd tribut à la politique climatique, et les ruraux le double des Parisiens.

Les moyens financiers consacrés à la transition climatique sont en constante progression depuis 2014. Les ménages en ont supporté la plus lourde part, à hauteur de 17 Md€ sur les 45,7 Md€ constatés en 2018, devant les entreprises, avec 13,6 Md€.

Cet effort a pesé de façon inégalitaire en représentant en moyenne 4,5% du revenu total des 20% des ménages les plus modestes, contre 1,3% en moyenne pour les  20%  les plus aisés.

D’autre part, une autre inégalité est mise en évidence, en fonction du lieu de résidence du ménage, qui pénalise fortement les habitants des communes rurales, pour lesquels la charge annuelle moyenne s’élevait à 1160€ en 2019, contre 665€ pour un ménage parisien.

Comment ne pas voir une double peine dans le récent arrêt de la Cour de cassation qui vient de considérer « normal » le trouble éolien qui consiste notamment à dévaloriser le patrimoine immobilier de ses riverains, en considérant que « la dépréciation des propriétés concernées, évaluée par expertise à 10 ou 20 %, selon le cas, dans un contexte de morosité du marché local de l’immobilier, ne dépassait pas, par sa gravité, les inconvénients normaux du voisinage, eu égard à l’objectif d’intérêt public poursuivi par le développement de l’énergie éolienne. »

Les communes rurales défavorisées sont une cible de choix pour les promoteurs éoliens qui font miroiter des retombées fiscales en échange de l’impact de leurs machines sur le cadre de vie des populations concernées.

Demain, ces éoliennes seront le symbole d’une France d’en bas sacrifiée, victime de la double peine de devoir payer le plus lourd tribut pour massacrer son propre environnement.

Panorama de l’électricité renouvelable au premier semestre 2020 – Présentation orientée, partielle et partiale = Désinformation !

Un « Panorama de l’électricité renouvelable au 30 Juin 2020 » a été élaboré par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), l’Agence ORE (Opérateurs de Réseaux d’Energie), l’Association des distributeurs d’électricité en France (ADEeF), Enedis et RTE.

Sur la forme, ces données sont présentées de façon désordonnée, les textes sont mal rédigés et encombrés de photos inutiles, ce qui rend leur lecture difficile.  Il faut pour (tenter de) les comprendre, les croiser avec d’autres sources.

Outre RTE et son « Panorama EnR 2020 » en question , nous avons retenu :

–  « Données et études statistiques pour le changement climatique, l’énergie, l’environnement, le logement, et les transports »
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lelectricite

–  Autorité de sureté nucléaire (ASN) « Suivi des réacteurs nucléaires à l’arrêt » https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Arret-de-reacteurs-de-centrales-nucleaires

Sur le fond, cette publication est  exclusivement centrée sur l’électricité « renouvelable » ; la mise en perspective de ces chiffres avec l’ensemble de la production d’électricité est quasi impossible faute d’éléments fiables relatifs à la production d’électricité d’origine nucléaire et fossile pour ce premier semestre.

Les auteurs de ce rapport  se félicitent de façon ostentatoire des résultats qu’ils présentent : en date du 26 mai 2020, Enedis claironne sans vergogne sur son site Internet : « Au premier trimestre 2020, un quart de la consommation électrique de France métropolitaine a été couverte par les EnR »

Il en ressort plus précisément que, au cours de ce premier semestre, la consommation d’électricité renouvelable représentait certes plus de 33% du total de l’électricité consommée.

Cependant ce pourcentage devrait être nuancé et/ou assorti des réserves appropriées.

D’abord  en précisant que ces 33% incluent les 19% de la part du secteur Hydroélectrique (dont les barrages ont été mis en service entre 1919 et 1994…)

La part des EnR telles que le grand public les a en tête (éolien et solaire en particulier) s’en trouve donc ramenée à seulement 14 %, même si la capacité installée a effectivement été augmentée au cours de ce semestre (moins que prévu toutefois du fait de la crise sanitaire).

Ensuite en considérant que, sur cette période, la production nucléaire a été fortement diminuée par la mise à l’arrêt de plus de 20 réacteurs (arrêts de tranches pour rechargement de combustibles, visites partielles pour maintenance préventive et visites décennales compliquées par les effets de la crise sanitaire).

Dans ce contexte, EDF a annoncé le 16 avril une diminution très importante de son estimation de production nucléaire pour l’année 2020 (environ 300 TWh contre une cible de 375 à 390 TWh avant la crise Covid, ainsi que pour 2021 et 2022. Cette estimation a été revue à la hausse en juillet à environ 315-325 TWh.

Enfin en intégrant la forte baisse de la consommation électrique du fait de la crise sanitaire. 

La présentation de ces résultats, qui se veulent glorieux, est donc orientée, partielle et partiale : la part des EnR a augmenté principalement parce que celle du nucléaire a diminué.

Désinformation !