Dans les communes rurales de Cressonsacq et La Neuville-Roy, un nouveau projet éolien enflamme les débats. L’opérateur Enertrag ambitionne d’implanter 12 éoliennes géantes de 200 mètres, transformant radicalement le paysage local. Sa stratégie? Une tentative controversée de « séduction financière ».
Avant même le lancement de l’enquête publique prévue au printemps 2025, l’entreprise a distribué un flyer aux 800 foyers concernés, proposant une compensation de 140 euros annuels pendant deux décennies. Un mécanisme d’achat de consentement qui ne passe pas inaperçu.

Éric Mijoule, président de l’association CHAD, dénonce sans détour cette manœuvre. Pour lui, il s’agit d’une stratégie cynique visant à acheter l’adhésion des habitants, méprisant leur réelle opposition.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : lors d’une consultation citoyenne à La Neuville-Roy, 95% des votants ont clairement rejeté le projet éolien, manifestant une résistance collective et déterminée.
Le développement des énergies renouvelables révèle une fracture profonde entre les ambitions industrielles et le cri du terroir. Ce n’est plus un simple désaccord, mais une révolte silencieuse des territoires. Leur message est sans appel : fini l’ère du fait accompli. Chaque décision qui les concerne doit désormais naître de leur voix, de leur accord, de leur dignité. Un séisme démocratique gronde, où le respect n’est plus une option, mais une exigence absolue.
