C’est une brèche majeure dans le discours officiel qui minimise systématiquement l’impact des parcs éoliens sur la santé des riverains. Le 13 novembre dernier, le tribunal judiciaire de Strasbourg a rendu une décision qui fera date, reconnaissant explicitement la responsabilité de l’exploitation d’un parc éolien dans la dégradation de l’état de santé d’une habitante.
Depuis la création de Vent des Noues, nous alertons inlassablement sur les risques que font peser les projets de St Maurice des Noues et de Loge-Fougereuse sur la tranquillité et la santé des habitants. Cette nouvelle jurisprudence vient valider nos inquiétudes et renforcer notre détermination.
Un article paru le 17/01/2026 dans Ouest-France relate la situation alarmante de Brigitte et Lionel Broudin, résidents à Plouégat-Moysan dans le Finistère. Leur témoignage est un signal d’alarme pour tous les habitants du Pays de la Châtaigneraie, d’autant plus que le promoteur impliqué, la société IEL, est le même qui convoite notre commune de Saint-Maurice-des-Noues.
Le 31 octobre 2024 des éleveurs et d’anciens éleveurs ont exprimé leurs préoccupations lors d’une réunion avec le préfet de la Somme. Le département de la Somme reste le plus équipé en éoliennes en France, comptant 869 installations, 216 autorisations en attente de réalisation, 509 demandes refusées et 163 nouvelles en cours d’examen.
Jean-François Maquigny, éleveur de vaches laitières à Moreuil, témoigne des effets néfastes présumés des éoliennes sur le bétail, soulignant une altération du comportement des animaux et une réduction de leur immunité. Il associe ces troubles à plusieurs facteurs liés aux éoliennes, notamment les infrasons et les courants parasites, expliquant que l’électricité rejetée peut perturber l’environnement local.
Le Groupe permanent de la sécurité électrique (GPSE) réalise des analyses et audits pour évaluer ces questions, mais des inquiétudes subsistent quant à l’indépendance de ces études, la fédération française des éoliennes étant présente au conseil d’administration du GPSE, qui est financé par des acteurs majeurs de l’énergie comme Enedis et RTE. Une recherche approfondie est en cours et ses résultats sont attendus au printemps pour clarifier les effets des éoliennes sur l’agriculture environnante.
Pascale Durand, éleveuse dans le sud de Rennes, soupçonne cinq éoliennes déployées à moins de 2 km de sa ferme d’avoir des effets néfastes sur ses vaches laitières. Un témoignage loin d’être isolé si l’on en croit un rapport rendu public fin avril 2024.
En 1996, Pascale Durand devient agricultrice. Dix années s’écoulent « paisiblement » jusqu’en 2017 année où, explique-t-elle, le vent tourne. « C’est venu petit à petit : j’ai constaté des mammitesque je n’avais jamais vues encore. Les bêtes ne mangeaient plus. Certaines génisses ont commencé à boiter. Certaines avaient la panse qui enflait. »
Rapidement, les soupçons de l’agricultrice se portent sur le parc éolien voisin inauguré en 2017. Cinq éoliennes distantes d’un peu moins d’un kilomètre et demi. La nature du sol faciliterait la circulation de « courants vagabonds » ou parasites, qui seraient captés par les pattes des animaux.
Preuve ultime, selon elle, que le responsable serait bien le parc éolien : la mise à l’arrêt provisoire des éoliennes en mai 2019. « Tout est revenu à la normale. La chute des cellules a été phénoménale ! » Les cellules sont un des critères utilisé pour juger de la qualité du lait. La quantité aussi serait affectée. En 2016, une vache produisait selon l’éleveuse autour de 30 litres par jour. En 2024, elle n’en fournirait que 17 litres au mieux.
Pascale Durand et les autres éleveurs réclament surtout des études scientifiques pour évaluer précisément l’impact des antennes téléphoniques, des installations électriques et des éoliennes sur les animaux d’élevage. Toujours dans le rapport d’avril 2024, les experts n’en demandent pas davantage.
Une étude approfondie a été menée du 26 juin au 31 août 2023, ciblant l’ensemble des exploitants agricoles de la France continentale localisés à moins de 2 kilomètres de toute antenne de télécommunication, infrastructure électrique ou turbine éolienne. Cette enquête a généré un total de 2483 réponses, parmi lesquelles 1015 étaient intégralement complétées, offrant ainsi une perspective inédite sur la condition des fermes affectées.
Les résultats de l’enquête mettent en lumière un pourcentage significatif de signalements de symptômes atypiques chez les animaux, particulièrement marqué dans les fermes se trouvant à moins de 2 kilomètres d’un point cible. Les données indiquent que 60% des vaches laitières, 34% des vaches allaitantes, 57% des porcs, 46% des petits ruminants et 31% des volailles sont concernés par ces perturbations.
Dans l’ensemble ce sont les élevages laitiers qui signalent le plus de perturbations, avec 26,21% des réponses. Un exploitant sur deux répondant à l’enquête et élevant des vaches laitières déclare des perturbations sur ses animaux.
L’enquête révèle par ailleurs un lien dans les réponses entre une caractéristique physique particulière du sol (présence de veines d’eau, de failles, de cavités, de gisements métallifères) et une manifestation électromagnétique.
Concernant les perturbations sur le cheptel, les éleveurs citent dans les commentaires : des troubles de comportements (évitement de certains endroits, agitation, peur…), d’autres signes cliniques (baisse de la performance et de la production, problèmes de reproduction, pertes d’appétit et de consommation d’eau, niveau de celles dans le lait) ou encore la mortalité d’animaux.