Le président des maires ruraux ne veut plus de nouvelles éoliennes en Deux-Sèvres

Yves Attou, président de l’association des maires ruraux des Deux-Sèvres, réclame l’arrêt de tout nouveau projet d’implantation.

Dans un communiqué adressé à la rédaction de Ouest France ce samedi 17 septembre, Yves Attou, maire de Saint-Christophe-sur-Roc et président de l’association des maires ruraux des Deux-Sèvres, réclame « l’arrêt de toutes les nouvelles implantations d’éoliennes«  dans le département. Cette déclaration fait suite à la visio-conférence organisée, vendredi 16 septembre, par la préfète des Deux-Sèvres présentant une cartographie indicative des zones propices au développement de l’éolien. Un document qu’Yves Attou a transmis à ses homologues.

« Globalement, les maires ruraux ne contestent pas que la transition passe notamment par le développement d’un mix énergétique décarboné. Mais, certains sont très réservés sur le modèle économique de la politique éolienne. Les élus locaux sont agacés par les méthodes commerciales agressives de certains porteurs de projets, dont la motivation est plus économique qu’écologique, » déplore l’édile pour qui « les Deux-Sèvres ont atteint, voire largement dépassé les objectifs du gouvernement. En étant surdoté, Il figure parmi les meilleurs élèves au plan national et régional. »

Ce dernier assure, par ailleurs, que « les maires ruraux sont très mécontents que des autorisations préfectorales passent outre les avis défavorables des conseils municipaux d’accueil et limitrophes. Enfin, la saturation d’éoliennes fragilise la politique de promotion initiée par le Conseil département en faveur du tourisme vert« . Pour toutes ces raisons, l’élu a indiqué aux services de l’État qu’il serait « raisonnable de stopper toute nouvelle implantation et de privilégier d’autres énergies renouvelables comme le photovoltaïque, la méthanisation et autres. »

Chiffres clés des énergies renouvelables Edition 2022 (Septembre 2022) – Ministère de la Transition Energétique

La part des énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie stagne en 2021.

Elle s’établit à 19,3 % en 2021 contre 19,1 % en 2020, selon un récapitulatif publié par le ministère de la Transition énergétique le 14 septembre. Cette légère progression fait partie des plus faibles depuis que la part des renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie augmente depuis 2005 (voir ce graphique issu du rapport).

Face à la crise énergétique, le gouvernement amorce un changement de pied sur l’éolien terrestre

Elle semble loin l’époque où Emmanuel Macron reconnaissait des « tensions » sur l’éolien terrestre, et annonçait, lors de son déplacement à Belfort en février, un « ralentissement » des objectifs de développement de la filière.

Dans une circulaire datée du 16 septembre, que Contexte publie, quatre ministres, dont Agnès Pannier-Runacher et Christophe Béchu – qui évoquait très récemment le caractère « clivant » de l’éolien terrestre –, demandent aux services déconcentrés de l’État de « mettre en place toutes les actions requises » pour accélérer l’instruction des dossiers en cours, qui représentent « près de 10 GW de projets solaires et d’éolien et environ 5 TWh de capacités [biogaz] ». Ceci, afin qu’« aucune instruction n’excède vingt-quatre mois, sauf situation très exceptionnelle ». Un objectif de dix-huit mois entre la date de dépôt d’un projet de renouvellement ou de « repowering » et sa mise en œuvre leur est même fixé.

La France va ici dans le sens de l’ambition européenne du plan REPowerEU. Dans chaque département et région, les préfets sont invités à transmettre à l’exécutif « sous deux mois, puis tous les trois mois », plusieurs informations, dont la liste des projets en cours d’instruction depuis plus d’un an, et une « analyse sur le délai de la procédure […] au cas par cas » assortie de propositions pour réduire la durée d’instruction.

Il leur est également demandé de « délivrer sans délai […] les autorisations accordées en application d’une décision de justice ».

Le gouvernement se veut par ailleurs « informateur, sensibilisateur, et facilitateur face à un discours anti-ENR parfois virulent ».

Il appelle enfin à la « plus grande vigilance » des préfets à l’égard de « certains documents d’urbanisme [qui] introduisent des interdictions générales et absolues d’implantation de projets renouvelables, notamment de parcs éoliens ». Ceux-ci devront faire l’objet d’un « contrôle de légalité attentif ».

Cheffois – Atelier débat sur l’énergie le 21 septembre à 20h30

La municipalité de Cheffois organise un atelier débat sur le thème de l’énergie le 21 septembre à 20h30, uniquement pour la population cheffoisienne.
Invité par la commune, le conférencier Bernard Lemoult, président de l’entreprise Energies Renouvelables Chantrerie, partagera avec les participants l’importance de l’énergie dans la société, la façon de la définir et de se la représenter concrètement…

Ouest France 22 septembre 2022
Le Petit Journal de Cheffois – Septembre 2022