C’est l’hiver, il fait froid et nous avons besoin d’électricité pour nous chauffer. D’où vient cette électricité ?
Le 4 janvier 2021, 66% pour le nucléaire, 18% pour l’hydraulique, 11% pour le gaz… Et il est où l’éolien… Il est à 2% ! Comme chaque hiver, comme chaque été, la production d’électricité par la filière éolienne frôle le néant quand on en a le plus besoin !
Depuis mardi 5 janvier, sur Internet, la préfecture de la Dordogne met à la disposition du public le projet de défrichement de 4,83 ha, pour la construction et l’exploitation de cinq éoliennes de 182 mètres de hauteur en bout de pales à Parcoul-Chenaud et Saint-Aulaye-Puymangou. Le dossier sera consultable jusqu’au 7 février 2021 sur le site Internet des services de l’État. On peut également formuler ses observations par courrier adressé à la Direction départementale des territoires à Périgueux ou par courriel à : ddt-mad-ferme-eolienne-grands-clos-puymangou-2020@dordogne.gouv.fr.
L’association Asso 3 D, qui regroupe les opposants à l’implantation d’éoliennes dans la forêt de la Double, préfère employer le terme de « déboisement » et estime qu’aucune éolienne ne devrait être autorisée dans des espaces boisés qui nécessitent un défrichement et qui sont si riches en biodiversité.
Le dossier a, au cours des derniers mois, provoqué des manifestations et on a enregistré une opposition massive lors de l’enquête publique.
Il s’agissait d’installer « au moins six éoliennes » en petite Beauce, sur les communes de Séris et Josnes. Cela restera au stade de préprojet. La société WEB Energie du Vent a annoncé qu’elle avait « pris la décision de se retirer de la zone et de mettre fin à toutes les démarches de concertation et d’études de faisabilité ». Ce choix fait suite aux votes des deux conseils municipaux donnant un avis défavorable au projet éolien. Réunis le 27 novembre 2020, les élus de Josnes sont dix à avoir voté contre, trois à avoir voté pour. Quelques jours plus tard, le 7 décembre, les élus de Séris ont voté dans le même sens.
Les opposants crient victoire
« Les deux conseils municipaux ont rendu un avis défavorable à ce projet d’énergies renouvelables. Nous prenons acte de ces décisions, conformément à ses valeurs et à la charte éthique de l’éolien de France Energie Eolienne dont elle est signataire », explique la société WEB Energie du Vent. Cet abandon fait bien sûr la joie des opposants au projet, dont un collectif et l’association Tempête en Beauce, présidée par Michel Davancens. Sur son site, cette dernière met en avant « la plus grande discrétion » et le « simulacre de concertation » dont avait fait preuve l’entreprise et souligne « la mobilisation remarquable et à la détermination sans faille des habitants des communes de Séris et de Josnes ».
Depuis plusieurs mois, des projets d’installations éoliennes se lancent à Argy, Sougé, Saint-Martin-de-Lamps, Saint-Pierre-de-Lamps, Baudres, Saint-Lactencin et Buzançais. Une effervescence qui a mis en ébullition l’association Vivre Boischaut Nord, créée en 2012.
Anne De Clerck et Hélène Biard-Sainson, avec John Rupp.
« Il est important d’informer sur les nuisances que ces éoliennes peuvent produire », souligne la présidente, Anne De Clerck. Citant pêle-mêle « l’effet stroboscopique qui projette un clignotement de l’ombre avec les pales, le bruit, les infrasons, les effets électromagnétiques qui perturbent le sommeil, ainsi que des troubles du comportement et de la santé, chez les humains et les animaux. » « Avec l’éolien, on est confronté à une hérésie, poursuit-elle. D’un côté vous avez le symbole d’une éolienne qu’on montre aux enfants dès leur plus jeune âge comme une source d’énergie verte, alors que c’est tout l’inverse. Dans le sol pour une seule éolienne c’est 1.500 tonnes de béton et de ferrailles enfouies jusqu’à la nuit des temps, infiltrant les eaux souterraines. Les pales non recyclables sont enfouies et le rotor, n’en parlons pas. Actuellement 95 % de notre électricité est hydroélectrique ou nucléaire. Si on les remplace par l’éolien on sera obligé de recourir à des centrales à charbon ou au gaz qui conduira à une hausse des gaz à effets de serre. »
À ses côtés, la secrétaire de l’association Hélène Biard-Sainson apporte son point de vue : « Aucune centrale nucléaire n’a été fermée et remplacée par l’éolien dans le monde. Certains propriétaires terriens et élus ont vu dans ce marché une nouvelle source pour leurs finances alors que la cour des comptes précise que l’éolien crée un déficit pour les finances publiques que l’État subventionne largement. La durée de vie d’une éolienne est de vingt ans et ensuite c’est le propriétaire qui aura la charge de démanteler l’éolienne qui défigure son paysage. » L’association Vivre Boischaut Nord, qui compte près de 200 membres, projette de mettre en place des soirées d’information sur les nuisances de l’éolien.