Pourquoi les industriels locaux sont-ils les oubliés des nouveaux parcs éoliens en mer ?

Qui va construire le second parc éolien en mer des Pays de la Loire, soit 62 éoliennes installées cet été 2024 entre l’île d’Yeu et Noirmoutier ? Sans doute très peu d’entreprises de la région.

L’association Néopolia confirme. Elle porte la voix d’une centaine de PME de la filière des énergies marines en Pays de la Loire (2 300 emplois). « Nous avons été très peu sollicités pour ce nouveau parc, confirme son vice-président, Aymeric Foucher.

« Siemens a cette fois décidé de travailler avec son panel de trois ou quatre fournisseurs en Europe, sans même nous consulter ! » Le prochain marché est pris par le Danois Global wind service, qui va louer des machines hors de France pour les amener à Saint-Nazaire. Les salariés feront aussi le déplacement.

Projet éolien des Boules à Loge-Fougereuse, rejet du recours en annulation  

Ce 16 avril 2024, la Cour administrative d’appel de Nantes a fait le choix d’une décision contraire à l’avis émis par le rapporteur public selon lequel l’arrêté d’autorisation du préfet de Vendée relatif au « parc éolien des Boules » devait être annulé.

Cette proposition s’appuyait en particulier sur le fait que le projet serait considérablement dommageable aux populations de chauves-souris dont la diversité, le nombre et le niveau de sensibilité sont très élevés.

Pourtant, il est patent que :
L’étude d’impact n’est pas complète et comporte plusieurs omissions et inexactitudes qui ont eu pour effet de nuire à l’information complète de la population et ont exercé une influence sur la décision de l’autorité administrative.

L’étude acoustique présente plusieurs carences et les mesures ne révèlent pas l’impact acoustique réel induit.

L’étude ornithologique suit une méthodologie lacunaire et incomplète du fait notamment d’un nombre de journées d’observations faible et non conforme aux préconisations de la DREAL et de la LPO.

Aucune demande de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèces protégées n’a été présentée, en contradiction avec le code de l’environnement alors que le projet aurait un impact non nul sur un grand nombre d’espèces protégées d’oiseaux et de chauves-souris, malgré les mesures d’évitement envisagées

Par ailleurs, le projet entrainerait les conséquences suivantes :
–  une atteinte manifeste à la qualité paysagère du milieu bocager ainsi qu’aux nombreux sites, monuments et éléments de patrimoine archéologique qui composent le secteur comme le montre pas exemple le photomontage ci-dessous réalisé à notre demande et versé au dossier.

– la destruction d’une zone humide incompatible avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) ainsi que la destruction de 500 mètres de haies.

– des risques pour la santé et la commodité du voisinage du fait des nuisances acoustiques qu’il produirait (bruits et infrasons)

Enfin, les mesures sensées « éviter, réduire et compenser » (ERC) les impacts négatifs sont très insuffisantes et leurs résultats aléatoires, comme le souligne la LPO, laquelle a émis un avis défavorable.

Nous déplorons que ces arguments aient été, tantôt balayés d’un revers de main, tantôt minimisés ou niés avec notamment pour motifs le fait que les « mesures compensatoires » et autres promesses seraient de nature à atténuer ou compenser les effets délétères pour l’environnement, la biodiversité, la santé humaine, les paysages et le patrimoine.

Tout cela pour quoi en réalité ? 

Rappelons en effet que de 2020 à 2023, la puissance installée terrestre a augmenté de 28% (de 18 à 23 GW) et la production seulement de 22,5% (40 à 49 TWh)

Rappelons qu’en 2023, avec les effets délétères indiqués ci-dessus, les éoliennes en place sur le territoire français n’ont produit qu’environ 10% de l’électricité, de façon intermittente et subie, avec notamment un facteur de charge de 25% seulement, ce qui signifie que pendant les 75%  du temps restant, il a fallu avoir recours aux productions nucléaires et fossiles.

Rappelons enfin que, sur le plan du changement climatique, la production électrique française n’est responsable que de 5% des émissions de gaz à effet de serre et que, par conséquent, les budgets qui sont consacrés à ce développement éolien industriel discutable ne le sont pas à des actions qui auraient, elles, un réel impact positif sur l’environnement et le climat en agissant en particulier sur la mobilité et les transports, l’agriculture, l’efficacité énergétique des logements etc…

Notre déception est grande mais notre détermination reste intacte ; c’est pourquoi, sur les conseils de notre avocat, le conseil d’administration de notre association a décidé de poursuivre son action en portant le recours auprès du Conseil d’Etat.

Ouest France 19 avril 2024
Ouest France 26 avril 2024

Un signe encourageant pour Loge-Fougereuse

Vendredi 29 mars, trois membres du bureau de l’association Vent des Noues se sont rendus à la Cour Administrative d’Appel de Nantes pour assister à l’audience du recours en annulation de l’arrêté préfectoral autorisant 5 éoliennes à Loge-Fougereuse.

Le rapporteur public a préconisé l’annulation de l’autorisation d’exploitation du parc éolien des Boules, délivrée le 17 juin 2022 par le préfet de la Vendée.

Ouest France 30 mars 2024

Un signe encourageant pour la protection de la biodiversité, des paysages et du patrimoine bocager du Pays de La Châtaigneraie.

Un collectif veut « repousser les projets d’éoliennes en mer à 40 km des côtes »

Ils ne décolèrent pas contre les propositions de l’État au sujet des zones propices pour le développement de l’éolien en mer sur la façade Atlantique.

Un courrier a été adressé ce mardi 26 mars par Sites & monuments, l’association Neny (Non aux éoliennes entre Noirmoutier et Yeu), les collectifs Touche pas à nos îles ! et Yeu vent debout.

Il est destiné aux élus de Vendée, ainsi qu’à la présidente de Région. 

Ils dénoncent notamment le projet d’un deuxième parc éolien au large de Saint-Gilles-Croix-de-Vie et des Sables-d’Olonne, d’ici à dix ans. « Transformer d’immenses espaces marins en zones industrielles ne peut être valablement présenté comme relevant de l’écologie, peut-on lire dans le courrier. Nous appelons non seulement à repousser les projets d’éoliennes en mer à plus de 40 km des côtes et des îles et en dehors des aires marines protégées, mais aussi à des objectifs raisonnés, car l’ambition de construire cinquante parcs éoliens tout le long du littoral français est de toute évidence absolument irréaliste, avec un risque patent de radicalisation des oppositions. »

Ouest France 28 mars 2024

De futures nouvelles attractions touristiques éoliennes en Vendée ?

La carte des zones potentielles pour l’éolien en mer a été dévoilée ce mercredi.

Le conseil départemental de Vendée qui voulait impulser une dynamique touristique en relation avec l’éolien va être servi ! https://www.ventdesnoues.org/2024/02/23/parc-eolien-un-soutien-au-tourisme-ou-quand-on-se-fout-vraiment-de-nous/

Il semble cependant qu’à présent, tous ces élus qui glorifient l’éolien en mer en Vendée changent d’avis.

Ouest France 8 mars 2024

Centrale éoliennes des Boules à Loge-Fougereuse, audience le 15 mars 2024

Pour rappel, malgré le vote en majorité défavorable des communes concernées et la mobilisation de la population lors de l’enquête publique avec 97 % d’observations défavorables au projet, le préfet de la Vendée a signé le 17 juin 2022 l’arrêté d’autorisation du parc éolien des Boules de Loge-Fougereuse pour la construction de cinq éoliennes de 165 m et de deux postes de livraison.

« En raison des inconvénients et des dangers pour les habitants, les paysages et la biodiversité », l’association Vent des Noues et un collectif de riverains se sont mobilisés pour entrer dans la phase contentieuse et ont déposé un recours en annulation de cet arrêté auprès de la Cour administrative d’appel de Nantes.

Cette affaire a été fixée à l’audience qui se tiendra le 15 mars prochain à 10h00, à la cour administrative d’appel de Nantes, suivant avis ci-dessous.

Quatre ONG demandent un moratoire sur l’éolien en mer Ouest France 20 novembre 2023

Alors que s’ouvre le débat public, quatre organisations non gouvernementales (ONG) demandent à l’État de réajuster sa stratégie.

Craignant une destruction irrémédiable des habitats et de la faune marine, Sea Shepherd France, Gardez les caps, Défense des milieux aquatiques et Wild Legal demandent au ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, de remédier « aux graves carences de la France en matière de protection du milieu marin breton dans le cadre du déploiement massif et accéléré de l’éolien en mer ».

Comme le Conseil national de la protection de la nature en 2021, elles demandent un moratoire sur l’implantation des futurs parcs éoliens marins, dans l’attente d’études scientifiques permettant de réellement prendre en considération la biodiversité.

Ouest France 20 novembre 2023

Vidéomontages projet éolien de Loge-Fougereuse

L’association Vent des Noues a missionné un photographe professionnel pour réaliser un carnet de photomontages contradictoires.

Nous vous invitons à prendre connaissance (en mode plein écran) des vues ci-dessous déclinées sous forme de vidéomontages pour appréhender un peu mieux ces implantations.
Le photographe réalise les prises de vue selon la méthodologie précisée par le guide relatif à l’élaboration des études d’impact des projets de parcs éoliens édicté par le Ministère de l’Environnement. Ensuite , il projette les éoliennes grâce au logiciel WindFarm.

Cette présentation permet d’illustrer le projet éolien de Loge-Fougereuse (5 éoliennes autorisées) cumulé à celui de St Maurice des Noues (2 éoliennes autorisées).

Vidéomontage N°1 – Illustration du surplomb des éoliennes de Loge-Fougereuse sur le village de La Chapelle aux Lys

Ce village serait au contact du parc éolien. Son implantation dans une vallée l’expose particulièrement à toute implantation sur le plateau avoisinant. L’omniprésence des machines aggravée par un fort effet de surplomb changerait la nature des lieux.
Une tension visuelle est perceptible. L’identité patrimoniale et paysagère est dégradée.
Rappelons l’attrait touristique du village de La Chapelle aux Lys pour sa thématique « ciel étoilé », labelisé « Village Etoilé 4 étoiles »

Vidéomontage N°2 – Illustration du surplomb des éoliennes de Loge-Fougereuse sur le lotissement Rue Saint-Blaise à La Chapelle aux Lys

Ce point de vue dans un quartier résidentiel permet d’appréhender le parc éolien en zone habitée. Un effet de surplomb doublé d’une implantation pénalisante altèrerait le cadre de vie des riverains. Ce vidéomontage nous livre la cinétique indispensable pour bien mesurer l’impact visuel.

Vidéomontage N°3 – Illustration de la co-visibilité des éoliennes à la sortie du centre-bourg de St Maurice des Noues sur la D65

Cette image réalisée sur la D65, à la sortie du centre bourg de Saint-Maurice-des-Noues confirme l’émergence des machines. L’éolienne E5 serait pénalisante pour le château de la Goujonnerie et l’église de Loge-Fougereuse.
Le territoire s’industrialise et change de nature. Cela altère son identité patrimoniale et paysagère.

Vidéo-montage N°4 – Illustration de la co-visibilité des éoliennes avec les Monuments Historiques classés (enceinte fortifiée, tour Mélusine et église) à Vouvant

Le village de Vouvant arbore le label « Les plus beaux villages de France » et « Petite cité de caractère ». Par ailleurs, c’est un site millénaire unique en Vendée.
Plusieurs édifices dont la tour Mélusine sont protégés au titre des Monuments Historiques.
Ce point de vue remarquable au sommet de la tour nous livre une vision panoramique sur le bocage vendéen.
Malgré l’éloignement, les parcs éoliens de Loge-Fougereuse et St Maurice des Noues seraient parfaitement visibles. Ils s’imposeraient fortement dans ce paysage bocager préservé. L’impact visuel est réel ; la cinétique du vidéomontage confirme le trouble visuel.

Le travail des commissaires enquêteurs remis en cause par la préfecture de Vendée lors de la CDNPS de Saint Maurice des Noues ?

Lors de la Commission Départementale de la Nature, des Paysages et des Sites de la Vendée du 4 mai 2023, la question suivante est posée :
« Quel poids a l’enquête publique dans le déroulement de la procédure ainsi qu’un avis défavorable du commissaire enquêteur ? »

Dans sa réponse, M. LE BRUN, sous-préfet, secrétaire général adjoint de la préfecture de la Vendée, notemment en charge de l’application de la loi APER (Accélération de la Production d’Energies Renouvelables), semble remettre en cause le travail et les conclusions des 3 commissaires enquêteurs :

« M. LE BRUN indique qu’il s’agit d’une étape importante mais qu’elle est tributaire de la qualité de l’enquête (suit-elle la pression locale ? Va-t-elle assez loin ? Prend-elle ses responsabilités ?) La procédure peut être viciée si l’avis résultant de l’enquête publique est insuffisamment motivé. En tout état de cause, l’avis défavorable de l’enquête publique ne lie pas l’État ni la collectivité ».

  • M. LE BRUN, de par ses fonctions, est-il légitime à présider cette commission ?
  • M. LE BRUN a-t-il étudié l’ensemble des documents présentés à l’enquête publique comme l’ont fait les commissaires-enquêteurs ?
  • M. LE BRUN aurait-il tenu le même discours si les commissaires enquêteurs avaient émis un avis favorable ?