Sans aucune autorisation, une entreprise déboise 5 000 m2 pour y stocker une dizaine d’éoliennes géantes

Au cœur du Tarn, un chantier éolien destiné au stockage temporaire d’éléments pour d’imposantes éoliennes fait face à des critiques acerbes. Les travaux ont été engagés sans autorisations environnementales. Une plainte a été déposée.

Situé en bordure de la départementale D22, au niveau de Guyor Haut, dans la commune du Bez (Tarn), difficile de ne pas apercevoir ce terrain arasé sur près de 5 000 m², avec des terrassements atteignant 6 mètres de hauteur, par plusieurs engins de chantier.
Des travaux entrepris par l’opérateur éolien Valorem afin de stocker temporairement des éléments de 10 éoliennes de grande taille. Cependant, ce chantier pose un problème. Il a été effectué sans obtenir les autorisations environnementales nécessaires.

La preuve pour plusieurs associations environnementales opposées à ce projet que « les opérateurs éoliens se dispensent de respecter la loi ». L’ensemble de ces travaux ne semble pas correspondre aux caractéristiques du projet tel qu’il avait été présenté lors de l’enquête publique et approuvé par l’administration, ni avoir fait l’objet d’autorisations spécifiques.

Les travaux sont désormais arrêtés et une déclaration préalable a été déposée pour une éventuelle régularisation. Une réunion est d’ailleurs prévue entre l’entreprise à l’origine de ces travaux et les autorités dans les prochains jours sur les suites à donner, notamment la remise en état du site.

Le collectif régional Toutes Nos Énergies-Occitanie Environnement ne s’est pas posé de questions. Il a décidé de déposer plainte.

Un radar ornithologique pour contrer un nouveau projet éolien dans l’Oise

Installé dans une zone visée par un projet de parc éolien près de Compiègne, un radar ornithologique a compté plus de 380 000 oiseaux en moins de 3 mois. Les chasseurs alertent.

Alors qu’un projet d’installation d’un parc éolien entre les communes de Gournay-sur Aronde et d’Antheuil-Portes, près de Compiègne dans l’Oise, a été lancé depuis plusieurs mois, la fédération départementale des chasseurs entend lui faire barrage.

En janvier dernier, la Fédération avait décidé d’installer un radar ornithologique, un boitier capable de compter les oiseaux qui le survolent. Le but était de disposer d’une estimation sur le flux d’oiseaux, sur leurs altitudes et sur leurs directions de déplacement. Un équipement rare en France, d’une valeur estimée à 100 000€.

« Les résultats obtenus sont au-delà de ce que nous pensions », indique la fédération des chasseurs de l’Oise ce mardi 4 juillet 2023, alors que l’étude s’est terminée fin mars 2023.

« Elle a en effet mis en évidence le passage, en l’espace de deux mois et demi, de 381 665 oiseaux par kilomètre de front. 35% de ces oiseaux ont emprunté des hauteurs comprises entre la garde du sol et le sommet des pâles d’éoliennes retenues pour ce projet », indique la fédération.

« On note également que le flux très important d’oiseaux s’est dirigé majoritairement vers le nord et le nord-est, c’est-à-dire en plein dans la zone d’implantation potentielle du parc éolien ‘L’Aronde des vents’ », ajoutent les chasseurs, largement opposés au projet de création de 6 éoliennes.

La fédération des chasseurs interpelle les autorités compétentes et « demande de ne pas autoriser la création de ce parc éolien ».

https://actu.fr/hauts-de-france/gournay-sur-aronde_60281/c-est-quoi-cet-etrange-boitier-pour-contrer-un-nouveau-parc-eolien-dans-l-oise_59818291.html

Arrêté d’autorisation de la centrale éolienne à Saint-Maurice-des-Noues

Contre l’avis de la population, du conseil municipal de Saint-Maurice-des-Noues, du conseil communautaire, du PLUI-h en cours au Pays de La Châtaigneraie, de la commission d’enquête publique, Monsieur le préfet a autorisé IEL à exploiter une centrale éolienne à Saint-Maurice-des-Noues.


Un phénomène de « saturation visuelle » justifie le rejet d’un parc éolien dans les Deux-Sèvres

La cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé, dans un arrêt du 30 mai 2023, le rejet d’un projet de parc éolien sur les communes de Saint-Varent et Saint-Généroux dans les Deux-Sèvres.

Cette nouvelle installation de dix éoliennes aurait entraîné un « phénomène de saturation visuelle » pour les habitants de ces communes déjà bien encerclés par les éoliennes, estime la cour.

Un total de 83 éoliennes sont en effet construites, autorisées ou en cours d’instruction dans un périmètre de vingt kilomètres autour de ces deux communes.

En raison de ce phénomène de saturation visuelle, la cour « juge que le préfet a pu fonder son refus sur l’atteinte portée à la commodité du voisinage » et rejette ainsi la demande d’annulation de l’arrêté préfectoral.

https://www.20minutes.fr/planete/4039301-20230601-deux-sevres-phenomene-saturation-visuelle-justifie-rejet-parc-eolien

Parc éolien illégal de Bernagues : plainte déposée par Sites & Monuments pour destruction d’un aigle royal

Les associations Sites & Monuments, VPPN et APPREL ont porté plainte auprès du Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Montpellier pour destruction d’espèce protégée.

En effet, un aigle royal protégé (voir arrêté du 29 octobre 2009) et bagué – bien connu des naturalistes – a été tué le 10 janvier 2023 par une éolienne du parc éolien de Bernagues, malgré un système de détection de l’avifaune (SDA) en fonctionnement.

Fiche de suivi de mortalité de l’aigle royal (bagué EE), retrouvé mort le 16 janvier 2023 au pied d’une éolienne à Bernagues.

La société exploitante (groupe VALECO) a, selon les associations, une entière responsabilité dans cette mort constatée le 16 janvier 2023, dans la mesure où elle a construit son parc éolien :
– sans avoir obtenu de permis de construire valable (annulation confirmée par trois décisions du Conseil d’Etat des 16 juillet 2010, 7 novembre 2012 et 26 janvier 2017) ;
– sans solliciter une autorisation de déroger (article L. 411-2 4° du code de l’environnement) à l’interdiction de détruire des espèces protégées ou leur habitat naturel (article L. 411-1 1° et 3° du code de l’environnement), comme le lui avait demandé l’administration (DREAL) dès 2012.

Ces faits pourraient constituer le délit de destruction d’une espèce protégée ou de son habitat naturel, prévu à l’article L. 415-3 du code de l’environnement, passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende.

Les association demandent par conséquent au Procureur de la République de bien vouloir enregistrer leur plainte, d’enquêter sur ces faits et d’en poursuivre les responsables.

Le 10 janvier 2023, à 17 h., 13 min. et 42 sec., l’extrémité du rotor, pourtant ralenti à 1,9 tours par minute par le système de détection, heurte l’aigle royal bagué EE, que l’on voit chuter. Empilement d’images issues du système de détection ProBird.

Lire également Éoliennes : comment éviter la mort des oiseaux? Reporterre 21 avril 202