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Le sujet a été mis sur la table, jeudi 16 octobre, lors d’une session plénière à l’abbaye de l’Épau près du Mans. Le Département de la Sarthe a émis le vœu qu’une pause soit mise en place dans la construction de nouveaux projets éoliens.
Frédéric Beauchef, vice-président du Conseil départemental de la Sarthe, s’inquiète de la prolifération anarchique des parcs éoliens. Il déplore la démarche désordonnée des entreprises d’éoliennes et souligne l’existence de parcs éoliens déjà installés en Sarthe, augmentant le risque d’une dissémination incontrôlée. Le département souhaite donc instaurer un moratoire pour freiner ce développement.
Il estime que le développement de ces parcs éoliens pose des problèmes aux habitants qui ont du mal à les accepter. “Le département souhaite pouvoir arrêter l’installation d’éoliennes qui se fait parfois contre l’avis de la population,” explique-t-il. Il ajoute : “Ces éoliennes se construisent au détriment de notre paysage.”
Le Conseil d’État a annulé, le 10 octobre 2025, l’autorisation du parc éolien des Boules à Loge-Fougereuse (Vendée), en raison d’une erreur de droit dans l’évaluation des risques pour les espèces protégées. La cour administrative d’appel de Nantes devra réexaminer le dossier, sans pouvoir se fonder sur les mesures compensatoires pour justifier l’absence de danger pour la faune. Concrètement, le projet est bloqué jusqu’à ce que les porteurs démontrent, par des mesures d’évitement et de réduction efficaces, que les risques pour les chiroptères, la loutre d’Europe et d’autres espèces sont suffisamment atténués — ou obtiennent une dérogation spécifique, soumise à des conditions strictes.
Pourquoi c’est important ? Cette décision confirme que les mesures compensatoires (comme la plantation de haies) ne suffisent pas à valider un projet si les atteintes à la biodiversité ne sont pas évitées ou réduites en amont. Une avancée majeure pour la protection des écosystèmes locaux.
L’audience du recours déposé par les requérants contre le projet éolien de Loge-Fougereuse s’est tenue au Conseil d’État à Paris le 18 septembre 2025. Lors de cette séance, le rapporteur public a conclu en faveur de l’annulation de l’arrêt contesté, une position encourageante pour la défense du territoire et de la biodiversité. L’affaire est désormais mise en délibéré, la décision du Conseil d’État est attendue d’ici 3 à 4 semaines. Cette étape juridique est cruciale pour l’avenir du projet et la protection durable de notre environnement.
La transition énergétique en France a donné naissance à une créature aussi insolite que rentable : le « Hibou Électrique ». Ce phénomène, né des arrêts brutaux des éoliennes et des panneaux solaires, hante désormais les courbes de RTE. Il apparaît systématiquement lorsque le soleil tape trop fort ou que le vent souffle avec excès, révélant les limites d’un système censé être vertueux.
Production éolienne 3 septembre 2025 – RTEProduction solaire 24 mai 2025 – RTE
RTE a popularisé l’expression « tête de hibou » pour désigner la forme caractéristique des courbes de production lorsque les installations éoliennes et solaires sont brutalement mises à l’arrêt. Ce phénomène survient lors des pics de production, lorsque l’offre d’électricité dépasse la demande nationale. Les prix sur le marché s’effondrent alors, parfois jusqu’à devenir négatifs. Pour préserver la stabilité du réseau, une partie des installations est déconnectée, traçant ainsi ces courbes évocatrices — et révélatrices des limites structurelles d’un système dépendant des énergies intermittentes.
Lorsqu’EDF ordonne l’arrêt de la production — ce qu’on appelle l’effacement —, les exploitants ne subissent aucune perte financière. Bien au contraire : la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a instauré un mécanisme de compensation particulièrement généreux. Dès que le seuil de 20 heures d’effacement annuel est dépassé (40 heures pour les parcs en mer), les gestionnaires perçoivent une indemnité calculée selon des règles avantageuses :
Éoliennes terrestres : 35 % de la puissance du site × tarif d’achat × nombre d’heures effacées ;
Installations solaires : 50 % de la puissance du site × tarif d’achat × nombre d’heures effacées ;
Parcs éoliens en mer : 70 % de la puissance du site × tarif d’achat × nombre d’heures effacées.
Un système qui transforme les contraintes du réseau en opportunités lucratives.
Ce système revient à attribuer artificiellement aux exploitants les facteurs de charge suivants :
• 35 % pour les éoliennes terrestres (contre environ 23 % en moyenne réelle en France) • 50 % pour les sites solaires (contre environ 20 % dans le sud de la France) • 70 % pour les sites en mer (contre environ 40 % dans les appels d’offres en cours)
Ce lundi 25 août, une délégation de maires du sud de l’Aisne s’est rendue en préfecture pour déposer une lettre ouverte contre les projets d’implantation d’éoliennes. Ils dénoncent l’absence d’écoute des élus et de la population sur cette question et demandent un moratoire sur les projets éoliens en cours.
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