La fronde des anti-éoliens prend de l’ampleur en Creuse : 300 manifestants devant la mairie de Guéret – France 3 – 11/10/2020

La fronde des anti-éoliens prend de l’ampleur en Creuse. Près de 300 personnes se sont rassemblées à Guéret pour manifester samedi 10 octobre 2020. Selon le collectif qui fédère les associations, 200 éoliennes devraient sortir de terre dans ce département d’ici 2030.

Le reportage sur France 3

Saint-Maurice-des-Noues. Vent des Noues : les opposants aux éoliennes réunis – Ouest France 24/09/2020

L’association Vent des Noues a réuni ses adhérents, vendredi, pour son assemblée générale annuelle. L’association a été créée en avril 2019 à l’initiative de quelques habitants de Saint-Maurice-des Noues et d’Antigny qui s’opposaient à l’installation d’éoliennes au sein dans leurs villages.

La présidente, Stéphanie Platteau, a redit les motivations : « Notre mission a plusieurs axes : nous voulons écouter et fédérer les habitants, informer le grand public sur le sujet éolien avec réunions, conférences, site internet. Nous souhaitons œuvrer auprès des décideurs et des élus pour les sensibiliser à la réalité du terrain et à l’acceptabilité de ces zones de production électrique. Le Sud-Vendée est saturé par de nombreuses machines et a largement contribué au développement du mix énergétique. À présent, nous devons défendre l’identité de notre territoire, ses paysages naturels, son patrimoine, son ciel étoilé et son tourisme vert. Nous pouvons travailler tous ensemble, pour une transition respectueuse de tous et en concertation. »

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-maurice-des-noues-85120/saint-maurice-des-noues-vent-des-noues-les-opposants-aux-eoliennes-reunis-6984992

Le mât de mesure du projet éolien de Nieul-le-Dolent dégradé

Mi-juin, le mât de mesure installé dans la campagne nieulaise en vue d’un projet de parc éolien, s’est retrouvé à terre. Preuve que le projet dérange.

L’Association de préservation de l’environnement nieulais (Apen) est un regroupement d’habitants de Nieul-le-Dolent, Aubigny-Les Clouzeaux et Sainte-Flaive-des-Loups. La structure a été créée en septembre 2019 pour s’opposer au projet d’éoliennes porté par le promoteur VSB Energies nouvelles et Vendée Energie.

L’Apen est contre pour plusieurs raisons. La première étant que les habitants se soit retrouvés devant le fait accompli. « Il n’y a pas eu de concertation », déplore Christine Chevillard, présidente de l’association.

Deuxième point d’accroche, les nuisances sonores et visuelles que pourraient générer les éoliennes. Et d’énumérer les risques écologiques et sanitaires, rappelant le « syndrome éolien », décrit par certains spécialistes par des troubles divers, comme le sommeil, la fatigue, la dépression… sans oublier les enjeux environnementaux. « Le projet est aussi survendu en termes de production et de retombées économiques », pense Christine Chevillard.

Avec d’autres associations (de randonnées, chasse…), l’Apen fait partie du comité territorial. Une première réunion a eu lieu mardi 23 juin à la mairie de Nieul en présence d’élus des trois communes concernées, ainsi que des représentants de Vendée energie, futur exploitant du parc et du promoteur VSB énergies nouvelles. Réunion qui a eu le droit à son comité d’accueil, avec pancartes affichant sa colère face à ce projet éolien.

Au cours de la réunion, « il y a eu de vifs échanges », confie Christine Chevillard. « Pour eux, tout va bien. Ils affirment que les vents sont suffisants, que la visibilité du projet sera faible et qu’il n’y aura pas d’impact sur la faune et la flore ». Un compte-rendu avec tous les clignotants au vert que les habitants peuvent découvrir dans le bulletin municipal de Nieul. Dans ce dernier, la commune assure « qu’aucune contrainte majeure n’a été recensée ». Les paysagistes ont ainsi étudié jusqu’à 20 km autour de la zone du projet et ont conclu que, « compte-tenu de la faible hauteur des éoliennes envisagée (90 mètres) et du contexte boisé et vallonné de la région, le projet sera très peu visible ». Un premier argument que ne partage pas l’association.

« On aura nos paysages défigurés. Pour preuve, il suffit de comparer avec le château d’eau de La Boissière qui fait 58 mètres de haut et qui se voit de très loin. On nous présente ces éoliennes comme des petites alors qu’elle feront le double »

Christine Chevillard.

L’Apen remet aussi en question les résultats des mesures acoustiques. « Beaucoup de propriétaires ont refusé l’installation d’appareils sur leur terrain. Les études s’appuient donc sur très peu de résultats qui ne sont pas représentatifs », estime une autre membre de l’Apen.

Quant à la dégradation du mât de mesure, l’Apen condamne cet acte :

« Nous le déplorons, mais cela montre que le projet n’est pas accepté par tout le monde. »

Christine Chevillard.

L’éolien industriel en 2020 : Le décryptage

Peut-être avez-vous été, ou serez-vous, surpris-e, voire choqué-e à la vue des banderoles « anti-éoliennes » qui sont installées çà et là, à fortiori si vous faites partie des 73 % des Français qui auraient « une image positive des éoliennes »(1)
Pour notre part, nous avons opté pour « éolien = absurde !».

Explications – Version courte – Ce qui suit est volontairement réduit au minimum; des arguments et nuances figurent dans la version détaillée, à nous demander par mail : info@ventdesnoues.org

Comme nos voisins, nous avons découvert incidemment fin 2019 l’existence d’un projet d’implantation de huit éoliennes à proximité de chez nous (2) (l’éolienne la plus proche devant se situer à 500m), ainsi que d’un autre, bien avancé, lui, sur la commune voisine de Loge-Fougereuse.
À ce moment-là, nous sommes de ceux qui disent être « ni pour ni contre », voire même plutôt « pour ».
Mais, tout de même, l’envie d’en savoir plus nous taraude et de recherche en recherche, nous en arrivons au constat qui suit. Résumons :

– Nuisances de voisinage

– Bruit et infrasons, effet « stroboscopique », clignotements rouges la nuit et « syndrome éolien »(3).
– Dommages sur des élevages bovins.

– Absurdité écologique

Cette industrie entraîne notamment une destruction des paysages et de l’environnement ainsi qu’un impact sur les oiseaux et les chauves-souris.
Tout est dit (ou presque) par la ministre de l’Environnement le 18 février 2020 : « (…) Il y a des emplacements de parcs éoliens en covisibilité avec des monuments historiques. (…) On a des territoires dans lesquels on a une dispersion de petits parcs de taille et de forme variable qui donnent une saturation visuelle, voire une situation d’encerclement
autour de certains bourgs qui est absolument insupportable. »

– Absurdité énergétique

Cette énergie est intermittente et non pilotable, elle nécessite donc le recours régulier aux autres modes de production. Elle ne permettra donc pas de répondre à deux des objectifs de la loi de 2015 (4) que sont « la réduction de 50% de la part du nucléaire » et « la réduction des gaz à effets de serre » :
– Plus de 8000 éoliennes installées à ce jour = 6% d’électricité (5)
– 20.000 éoliennes auxquelles il est prévu d’arriver en 2030 = 13 à 15 % d’électricité.

À ce compte-là, il faudrait 1200 éoliennes de 3 mégawatts (MW) (6) pour produire l’équivalent d’un réacteur nucléaire de 900 MW.
Et l’éolien industriel n’a aucun impact sur la production de gaz à effets de serre.(7)

– Absurdité économique et financière

  1. Selon un rapport de la Cour des comptes (2018) et deux rapports de députés (2019), le coût du développement éolien serait en 2028 de 72,7 à 90 milliards d’euros, pour 15% d’électricité seulement.
    – Extrait du rapport : « Une somme colossale, équivalente à ce que la France a dépensé initialement pour se doter de son parc nucléaire, à ceci près que les éoliennes produiront cinq fois moins d’électricité et auront une durée de fonctionnement trois fois inférieure ».
    Conclusion : « L’évaluation de la politique de soutien financier apporté par l’État aux éoliennes aboutit à un constat d’échec. Le soutien mis en oeuvre depuis 2001 est onéreux, déséquilibré, peu efficace (…) »

  2. Outre les subventions de l’État, EDF est dans l’obligation d’acheter l’électricité aux promoteurs éoliens 7 à 8 centimes d’euros le kWh lorsque, dans un même temps, elle est dans l’obligation de vendre le quart de sa production à ses propres concurrents au prix de 4,5 centimes d’euros le kWh.
  3. Les promoteurs de l’éolien bénéficient d’abattements et d’exonérations sur les taxes appliquées aux autres industries.

Absurdité juridique par un ensemble de dérogations ciselées sur mesure

  1. Santé et troubles de voisinage
    – Non-respect du principe de précaution : non prise en compte des recommandations de l’Académie de médecine relative aux distances entre les parcs éoliens et les habitations.(8)
    – Dérogation au code de la santé publique en ce qui concerne le seuil d’infraction sonore et dispense de la mesure et la limitation des bruits de basse fréquence (« infra sons »).
  2. Environnement
    – Dérogation aux principes de préservation des espaces naturels et à l’interdiction de détruire ou de déranger des spécimens d’espèces protégées.
  3. Droits de recours administratifs
    – Dérogation au principe de double degré de juridiction : le contentieux n’est plus jugé par les tribunaux administratifs, mais, en premier et dernier ressort, par les cours administratives d’appel (CAA) avec une possible cassation devant le Conseil d’État. Cela revient en fait à supprimer la possibilité d’appel.
    – Limitation des possibilités de stratégie des plaignants par la « Cristallisation des moyens » (arguments) lesquels doivent être déposés devant la CAA en bloc et en une seule fois.
  4. Caractère « léonin » des baux emphytéotiques
    L’exploitant locataire a la jouissance du terrain quasiment comme s’il en était le propriétaire. Et ce dernier peut notamment se retrouver avec la charge du démantèlement à la fin du contrat (20 ans).

Conclusion et Perspectives

Pris individuellement, beaucoup des inconvénients (surtout résumés à ce point !) pourraient sembler « supportables » et être le prix à payer pour arriver à l’indispensable « transition écologique », notamment au regard des risques climatiques et des catastrophes annoncées, voire en cours.
Cependant le cumul des inconvénients et leur coût, mis en perspective avec les résultats obtenus et envisageables à moyen et long termes font, me semble-t-il, pencher à ce jour les balances « avantages / inconvénients » et « bénéfices / coûts », du côté « inconvénients » et « coûts ».

Alors… que fait-on ?…

La crise du coronavirus montre s’il en était besoin la nécessité impérieuse de repenser l’organisation de notre société, de réévaluer la réalité de nos besoins au regard de nos moyens et des limites que la nature nous impose, de réfléchir aux conséquences de nos interactions, y compris sur le plan mondial…
Il se trouve qu’une proposition de loi a été déposée par des députés le 14 janvier 2020 (9).
Dans son exposé des motifs, elle reprend les éléments formulés notamment en 2018 et 2019.
Son article premier propose un moratoire sur l’installation de nouvelles éoliennes « afin de prendre le temps de la réflexion. Toutes les raisons évoquées ci-dessus donnent à penser qu’un emballement s’est produit. Ce moratoire permettra de clarifier les règles relatives à la filière. (…) »

En attendant un débat autour de cette proposition de loi (10), il est toujours temps de travailler sur nombre de problèmes en suspend. Par exemple, considérant pour commencer l’énergie comme étant un bien commun à partager et non pas un produit soumis à la loi du marché :
– en s’attaquant en priorité aux secteurs grands émetteurs de gaz à effet de serre, c’est-à-dire à la consommation de pétrole, et en premier lieu aux transports ;
en engagent des programmes d’économies d’électricité.

J’invite les plus curieux et/ou courageux qui veulent en savoir plus à nous demander la version détaillée de cet exposé par mail : info@ventdesnoues.org

Merci pour votre confiance.
Pascal

1 Sondage Harris Interactive pour France Énergie Éolienne d’octobre 2018.
2 Aux dernières nouvelles, ce serait seulement deux éoliennes qu’il serait prévu d’installer, compte tenu de « contraintes militaires » (couloir aérien)…
3 Selon l’Académie de médecine.
4 Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 18 août 2015.
5 Bilan RTE 2019 : Nucléaire = 71% ; Fossile = 8%, Hydraulique (barrages) = 11%, Solaire = 2% et «Bio»énergies = 2%.
Les éoliennes les plus courantes font 2MW ; les dernières générations à peine 3MW.
6 Les éoliennes les plus courantes font 2MW ; les dernières générations à peine 3MW.
7 En France seulement 8% d’électricité est d’origine fossile.
8 Académie de médecine : 1500 m ; Sénat : 1000 m. Distance appliquée : 500 m.
9 Proposition de loi du 14 janvier 2020 « pour un développement responsable et durable de l’énergie éolienne »
10 Il ne s’agit pas d’un « projet » émanant du gouvernement, mais d’une « proposition » présentée par l’opposition ; il est donc très probable qu’elle ne sera pas retenue…

Interview RCF May Prate Vendée Tempêtes : Demande de moratoire éolien industriel

Plus de cinquante associations et personnalités de la région Pays de la Loire dont l’association Vent des Noues demandent à Christelle Morançais, présidente de Région, de soutenir un moratoire de 2 ans sur l’éolien industriel.
May Prate, présidente de la Fédération Vendée Tempêtes, est intervenue sur RCF au journal de 7h présenté par Fanny Brevet le mardi 28 janvier.

Le journal en intégralité sur RCF
https://rcf.fr/la-matinale/journal-de-7h-du-mardi-28-janvier